Chez Sonia, observations sur mon temps... et dans mon espace aussi

Remarques, observations à propos de ce que j'observe, de ma vie, de ce qui m'entoure, de mes expériences, à travers mes lunettes de Française devenue marocaine...

mardi, mars 03, 2009

Démarches administratives au Maroc : le jeu de piste!

Ces dernières semaines, je suis à fond dans les démarches administratives, pour ma nouvelle voiture : carte grise, changement de plaques, vignette, etc... (mirrci, mirrci, allah ya3takoum sahha, bla tasfiqqat, merci beaucoup... ;-)). Alors au début, j'ai essayé inconsciemment ce que j'appelle la stratégie des filles marocaines sur le sujet : se chercher un protecteur, généralement mâle, qui va se charger de tout ça pour vous, simplement parce que vous le valez bien... Alors c'est allé de mon chéri à mon oncle (seule figure masculine familiale disponible), je suis même passée par ma mère (disponible car à la retraite). Bon il faut dire que j'avais pas trop le choix non plus de recourir à autrui : j'ai acheté la voiture alors que j'entamais une mission professionnelle à l'étranger, donc je n'étais pas là pour réaliser les démarches administratives...

Maintenant que je suis de retour, j'essaie de combattre cette tendance à se reposer sur les autres, dès qu'il s'agit de ces sujets qui paraissent au premier abord inextricables comme les démarches administratives que vous n'avez jamais faites. Pour tout résumer, je me suis rendu compte que ce sont des comportements de faux raccourcis : d'abord, quand vous déléguez à autrui, vous prenez des risques de ne pas être satisfait; de plus, vous augmentez votre dépendance vis-à-vis d'autrui; et à la fin, vous restez toujours dans ce noir face aux choses que vous ne comprenez pas...

Alors hier, c'était la date limite de ma carte grise temporaire. Je n'avais absolument aucune idée de ce qu'il me restait à faire, si ce n'est que date limite de quelque chose égale une action à entreprendre. Je suis allée à ce fameux Service des Mines, près de la COMANAV (petite parenthèse, je me demande pourquoi les cartes grises de voiture sont rattachées aux Mines, je n'ai pas très bien saisi..., ou c'est juste une confusion de dénomination?). Arrivée là-bas, j'apprends que le Service en question a déménagé de quelques centaines de mètres, sur le boulevard qui mène vers la nouvelle entrée de la gare Casa Port. Allez, on est motivés, on va aller découvrir! Je me déplace vers la nouvelle administration, pour trouver... un local administratif apparemment pas encore complété (il y a encore des sacs de gravats par terre comme pour construire, il y a encore de la poussière comme celle des bâtiments pas encore finis) mais, ô agréable surprise!, les guichets sont numérotés, thématisés (c'est-à-dire qu'un guichet ne gère pas tout à la fois) et en plus, ce Service a mis en place un système informatisé de file d'attente, avec un ticket numéroté, par type de service pour lequel vous venez, et un appel automatique des numéros distribués... J'étais vraiment contente, la vérité! Ce qui ne m'a pas empêchée de me dire que si je sautais de joie pour un système automatisé de file d'attente, c'est que mes prétentions pour le Maroc avaient nettement diminué... J'ai eu ma nouvelle carte grise au bout de 20 minutes environ, sans avoir à faire des coudes pour ne pas me laisser doubler par de plus grandes gueules que moi.

Ensuite, que devais-je faire? J'ai appelé l'un de mes mâles protecteurs qui m'a expliqué que je devais aller produire mes plaques d'immatriculation. Direction Tarmassi, bd Roudani à l'angle de Bir Anzarane. Je présente ma carte grise, ma CIN, l'interlocutrice fait elle-même les photocopies, me demande de régler et me dit de passer le jour même à 18h. J'arrive à 18h45 (boulot, embouteillages, pluie obligent), les plaques sont montées sur la voiture à 19h. Génial!

Ensuite quoi d'autre? La vignette! Ah d'accord? Et, comment on fait pour l'avoir? Idem, je m'étais renseignée auprès du même mâle protecteur : "Tu vas la régler dans n'importe quelle perception d'impôts. Il y en a une au tout début de la route d'El Jadida, en face des fleuristes". Aujourd'hui ce matin, je me lève tôt pour aller chez nos amis des impôts de la route d'El Jadida... pour obtenir la réponse que, pour les vignettes auto, ça n'est pas chez eux... "Ah bon a sidi? Ewa finn khassni namchi?" d'un ton boudeur (encore une réaction de fille!). "Il faut aller au niveau du centre ville, à côté de la place aux pigeons." C'était déjà un peu tard, donc j'y irai entre midi et deux.

13h environ, j'y suis, mais par où faut-il entrer? Malgré la question posée au gardien de voitures, j'ai quand même fait le tour du pâté en passant devant l'entrée de 2 autres administrations avant de trouver la bonne! Je monte, je trouve facilement le bureau (des feuilles A4 sont placardées à même le mur pour indiquer les directions). Et là, on m'explique que je dois payer le prorata 2008 (ah! bon, je ne savais pas, je pensais que j'allais payer au prorata l'année 2009 car je viens d'obtenir mon immatriculation à peine hier...), que je dois aller faire une photocopie de ma carte grise, pour revenir payer 2009. Je vais faire la photocopie, je reviens, et là, le monsieur me dit : 770 Dh... Ah! bon? (eh! oui, encore une petite surprise), mais c'est écrit partout 700 Dh, alors pourquoi 770? Il m'explique que c'est à cause du retard : 10% de plus. Mais quel retard? Je viens d'avoir ma carte grise à peine hier... Et là, le monsieur m'explique que même si j'ai eu une prolongation jusqu'à hier, il aurait fallu qu'au moment d'obtenir la prolongation (du Service des Mines, délivreur de carte grise), je demande quand même mon numéro d'immatriculation définitif (ce qui signifie que le Service des Mines n'avait pas ma carte grise pour me la donner mais connaissait quand même le numéro d'immatriculation définitif, c'est un peu bizarre...) et venir régler la vignette à ce moment-là! Décidement, que d'aventures, ça fait plein d'obstacles, comme les feintes à la Gad El Maleh!

Bien entendu, je n'ai pas cherché plus en avant la logique de la chose, et comment je pouvais savoir, etc... J'avais déjà en main le petit autocollant tant convoité.

Demain, il me reste à aller actualiser ma police d'assurances pour leur donner mon numéro d'immatriculation. Alors le dernier clien d'oeil des aventures administratives de Sonia (woaw! c'est trop marrant!;-)), c'est que je ne savais pas où est situé mon assureur car j'avais délégué à mon oncle et à ma mère le soin de s'en occuper, quand j'étais à l'étranger! J'ai repéré sur internet le boulevard en question pour y aller demain.

Au final, c'est comme une carte au trésor, sauf que vous savez pertinemment qu'il n'y a pas de trésor à la fin, juste votre bon droit (ou devoir) d'être en règle avec la loi et entretemps, pour y arriver, vous avez eu votre dose de péripéties plus ou moins marrantes. Et un peu de fierté d'avoir fait tout ça grosso modo tout seul.

mercredi, septembre 05, 2007

De l'information au Maroc

Dernièrement, pour le travail, je devais faire des recherches sur certains secteurs d'activités économiques au Maroc, sur Internet. Le type d'informations que je cherchais consistait en chiffres, statistiques, évolution, benchmark à l'échelle internationale, contenu de l'intervetion publique dans le domaine, informations qualitatives, etc... L'objectif de cette recherche était de déterminer, arguments à l'appui, si un projet, que je devais étudier, était intéressant, répondait à une demande, si l'offre dans le domaine n'était pas trop abondante, etc...

A force de tourner et retourner toutes les combinaisons possibles liées au sujet d'étude (pour les moteurs de recherche), et d'écumer une grande partie des articles et écrits disponibles sur le sujet (toujours, je vous le rappelle à l'échelle du Maroc), j'ai fini par me rendre compte que les informations diffusées étaient exactement les mêmes, et souvent de piètre qualité. Les sources consultées vont des sites d'informations en ligne, aux articles archivés des publications nationales, en passant par les sites d'entités gouvernementales et administratives, les blogs "thématiques", les sites d'associations.

Deux principales remarques:

1/ L'information "tourne en rond" sans se diversifier. Non seulement les chiffres ne sont pas très développés dans la culture marocaine (par manque de rigueur et peur de divulguer des informations "top-secret" ou compromettantes, je suppose), mais en plus, on retrouve exactement les mêmes à l'unité près. Vous allez me dire : "Encore heureux qu'on retrouve les mêmes, c'est le but dis donc!" Certes, mais ce que j'entends par là, c'est que l'on voit clairement que l'information n'existe pas, ou en tout cas, si elle existe, qu'elle n'est pas diffusée. Il semblerait que les personnes, je dirais, chargées de produire et transmettre l'information, ne vont pas à la source de l'information, mais se contentent de reproduire du réchauffé. Plutôt que d'aller interviewer le(la) responsable/ spécialiste du sujet au fin fond d'une administration quasi-inconnue au bataillon, d'une entreprise, on récupère ce qui existe déjà sans trop se poser de questions.

En plus, en fonction des chiffres disponibles, un article à tendance à les insérer comme ça, comme un cheveu sur la soupe, pour dire: "Voilà, hakou, y a des chiffres dans mon article!...", on ne sait pas ce qu'ils viennent montrer, justifier, démontrer mais ils sont là... La structure de l'article en devient donc souvent bancale.

2/ Cette pratique du réchauffé aurait également tendance à générer du plagiat. Dans mes recherches, il m'est arrivé de retrouver 2 ou 3 phrases successives exactement dans le même ordre, dans 2 documents différents. Ou bien, d'observer, que les exemples pris pour illustrer l'article sont comme par hasard les mêmes...

Je trouve cela dommage, et source de beaucoup d'améliorations possibles, d'une autre manière d'exploiter l'information, sur toute la "chaîne de production". Ah! oui, un autre point, les sites officiels des agences urbaines de villes. On devrait s'attendre à y trouver une certaine uniformité, en terme de structure, de types d'informations, tout en comprenant que les sites Internet reprennent les spécificités des villes en question: après tout, une ville est une ville. Mais non, c'est plutôt en fonction de ce que la ville a "envie" de communiquer. C'est dommage aussi: ça coupe l'herbe sous le pied de ceux qui veulent comparer, critiquer dans un sens positif...

Anyway, je voulais partager cette petite humeur. A bon entendeur! ;-)

jeudi, août 16, 2007

C'est officiel: je viens de déposer ma demande de nationalité marocaine

Eh bien voilà, je disais donc, c'est désormais officiel: je viens de déposer aujourd'hui ma demande de nationalité marocaine. Je ne peux pas honnêtement vous dire que je saute au plafond de joie, j'espère simplement que je ne fais pas une bêtise.

C'est donc le début de la fin d'une série de péripéties administratives qui m'ont carrément amenée à penser que le sort s'acharnait pour me faire comprendre que le Maroc ne voulait pas de moi. J'aurais bien voulu me servir de ce prétexte pour partir, mais un autre motif, plus important à mes yeux, prévaut et fait que je suis encore là.

Je n'ai donc pas eu le choix: je suis Française depuis maintenant 26 ans, je n'ai jamais été marocaine pour un sou (en-dehors quand même de mes attachements de coeur pour ce beau pays où j'ai grandi, et dont une partie de ma famille est originaire), et là, soudain, parce que j'ai envie de vivre ici, je me vois contrainte de devenir Marocaine, sous peine de ne pas avoir de papier justificatif de ma situation ici. En effet, parce que ma mère est marocaine, je me vois contrainte à devenir obligatoirement Marocaine. Il est désormais illégal de délivrer une carte de séjour, habitullement réservée aux étrangers, à tous les étrangers dont la mère est marocaine (je ne parle pas du cas du père, car les enfants sont dans ce cas automatiquement marocains).

Je ne sais pas trop encore ce que cela avoir comme conséquences, aussi bien au quotidien, que sur le plan symbolique. L'idée que je serai désormais considérée comme Marocaine dès que je serai en territoire marocain, ne me réjouit pas au plus haut point.

Certains d'entre vous me rétorqueront que je fais preuve d'un certain snobisme vis à vis de la citoyenneté marocaine, du haut de ma nationalité française. Je ne réagirais pas de la même manière s'il s'agissait d'une citoyenneté, disons, occidentale, ou d'un pays développé... Malheureusement, je dois admettre qu'il y a probablement un peu de vrai la dedans. Mais la question n'est pas là, selon moi: à un âge d'adulte, je me vois forcée d'endosser des droits et des devoirs qui ne m'ont jamais été inculqués, desquels je me sens complètement étrangère, ignorante, et pour lesquels je ne souhaite pas fournir d'efforts. D'abord, des droits, je ne pense pas en bénéficier de beaucoup; quant aux devoirs, je ne me vois pas du tout me pencher sur les questions épineuses du Maroc, me forger une idée, une opinion, et militer pour cette prise de position. Soit dit en passant, je ne fais même pas ça pour la France, mais quand même, la France peut très bien se débrouiller sans moi... ;-)

Voili, voilou, je tenais à marquer le coup... Je vous tiendrai au courant de la suite, s'il y en a une.

mardi, juillet 31, 2007

Début de vacances en Tunisie

J'ai vécu au Caire, je vis actuellement au Maroc, et passe en ce moment mes vacances en Tunisie, auprès de mes amis tunisiens. Une sacrée teinte nord-africaine!

En fait, je ne viens de passer que 2 jours ici, donc bien entendu, pas assez de recul. Ceci étant dit, j'ai passé une après-midi à Hamamet et suis partie prendre un verre à Villa Didon.

Hamamet est effectivement conforme à l'image qu'on peut se faire d'une station balnéaire réputée: de beaux hôtels le long d'une corniche, il suffit de traverser cette corniche pour avoir les pieds dans l'eau. De grands parasols en bois plantés dans le sable, une mer agréable avec une température qui ne décourage pas les plus frileux, de la musique en background très "summer time", une population d'Occidentaux ou de Tunisiens occidentalisés. C'est ce qu'il faut lorsqu'on veut se déconnecter sans trop vouloir fournir d'efforts.

Villa Didon est, d'après ce que l'on m'a expliqué, un hôtel de luxe, avec une signification particulière liée à son nom: le nom est celui d'une ancienne reine de Carthage, le design est orienté de façon à représenter l'histoire de cette reine (ainsi une fresque est dessinée sur le sol de l'entrée de l'hôtel symbolisant sa venue à Carthage), le tout sur fond de décoration tendance. Y étant allée la nuit tombée, ce qui m'a surtout frappée, c'est la vue imprenable sur la baie de Tunis. En plus, hier, il y avait quasiment une pleine lune basse, qui se réverberait sur la mer, et le cadre était tout à fait sublime.

De manière générale, j'ai apprécié le calme et l'organisation de ce pays, enfin, de ce que j'ai pu en voir jusqu'ici. Je note la propreté des rues, la signalisation claire des routes... Ah oui, il ne m'a pas fallu plus de 10 minutes également pour sortir de l'aéroport, ce qui est agréablement remarquable.

Je vous en dirai plus dès que j'aurais fait plus de ballades et de sorties, et surtout fréquenté plus de Tunisiens et Tunisiennes.

samedi, novembre 11, 2006

Completement deconnectee

Comme vous le savez peut etre, cela fait maintenant plus de 2 ans que je suis au Caire, debarquee ici suite a une candidature censee faire demarrer ma "carriere".

Aujourd'hui, le bilan humain est assez mitige. Je m'explique. Une experience longue a l'etranger, bien evidemment, est vecue de differentes manieres, en fonction des circonstances de chacune. En ce qui me concerne, il s'agit d'une expatriation choisie, motivee par des raisons que je qualifie de murement reflechies, rationnelles, ayant pese le pour et le contre. Je precise quand meme que, de memoire, au moment du choix a faire, il n'y avait quasiment aucun contre: c'etait plutot l'excitation de la jeunesse qui croit que le monde lui appartient, face a une aventure pas du tout prevue, et qui represente un virage a 90 degres qui sort des chemins deja traces...

Aujourd'hui, je souhaite parler du resultat humain, ou sociologique (a l'echelle d'un seul echantillon) de cette experience. Le resultat peut se resumer a une sensation de deconnection avancee vis a vis des anciens reperes humains, ou bien d'etre un electron libre sans aucune attache. Comme l'avait deja ecrit Supertimba il y a deja plusieurs mois de cela, c'est du Lost in Translation.\, tres difficile a controler.

Deja, a l'origine, je suis moitie-moitie, et des le depart, bien que je considere qe c'est l'une de mes plus grandes richesses, cela n'est pas toujours facile a gerer, cette double appartenance culturelle, par rapport aux autres, d'un cote ou de l'autre. Ensuite, je me suis eloignee, par le temps et l'espace, de ma famille. Nos chemins, involontairement, se sont ecartes l'un de l'autre, et ce ne sont pas les vacances d'au maximum 4 semaines, ni les coups de fil ou l'on vous passe toute la famille au bout du fil, qui reussissent a maintenir le lien, et le partage de sujets communs. Vous voyez de quoi je vous parle? Parfois, un membre de ma famille me parle de sujets familiaux importants, vous savez, quand on vous met a jour sur les derniers developpements d'un sujet (petites querelles inter-familiales, questions d'heritage et autres sujets de type administratif, etc...) et alors je me sens completement a la masse: je n'arrive plus a comprendre comment des choses pareilles se produisent! Et je ressens alors une sorte d'imcomprehension, teintee d'agacement, sur le fait que l'on puisse accorder de l'importance a des details pareils... Mais en meme temps, ma reaction m'inquiete: je perds le lien avec ma famille. Bien entendu, il va sans dire que l'incomprehension est reciproque: il y a maintenant des sujets que je sens ne pas pouvoir partager avec eux, car... ils ne comprennent pas. Je pense par exemple, a toutes mes preoccupations professionnelles, avec mes espoirs, joies et coups de gueule, que je ne peux plus partager car il faut les mettre dans un contexte particulier, le mien, et qui leur est desormais etranger. Mes amis, d'enfance et de plus tard, on est en contact, certes, entre Internet, les visites en coups de vents quand je vais dans l'un de mes 2 pays, mais il y a des choses qui ont ete perdues entre-temps. Oui, il y a toujours ces ami(e)s que vous pouvez voir a n'importe quel moment et vous avez l'impression que vous vous etes a peine vus hier! Mais je ne fais plus partie de leur quotidien, et inversement... Et ca c'est important.

Alors, ici, je suis avec mes amis, qui sont en realite ma famille, mais on est tous pour une bonne part, des "expatries" en transition; on n'est pas chez nous, on sait qu'on est ici pour du temporaire (ce temporaire peut signifier plusieurs annees), et qu'a un moment ou un autre, on sera amenes a se separer les uns des autres... Etrange sensation, qui d'ailleurs renforce l'importance de ces amis, a mes yeux.

Au final, cette sensation de rupture avec mes anciens reperes, en fait ce qu'on appelle des "institutions socialisantes" (famille, amis, entre autres) est plutot destabilisante. Et ce qui destabilise, inquiete...

Quant au travail, je me rends compte qu'il est cense jouer un role preponderant dans ce maintien psychologique du lien. D'autant que dans mon cas, c'est la seule et unique raison pour laquelle je suis ici, au Caire, et pour laquelle, involontairement, j'ai mis en danger mes "liens". Et quand il y a de petits soucis au travail, des insatisfactions et autres frustrations habituelles, ils prennent alors une ampleur exageree. Ce qui n'est pas bon, quand on sait que l'equilibre consiste a ne pas mettre tous ses oeufs dans le meme panier... ;-)

Cela n'est pas evident de gerer, au moyen de la raison et de la conscientisation de etats d'ame, des choses liees au psychologique...

vendredi, novembre 03, 2006

7 mois de vacances... ;-) et pourquoi avez-vous un blog?

Mon dernier post date d'il y a 7 mois... Je ne suis pas tres fiere de ma (non) discipline, mais depuis avril, ma vie ici s'est... acceleree dirais-je, au point que je ne trouvais plus les quelques heures par semaine requises a consacrer au maintien de mon blog... Oh rassurez-vous, rien de bien special, je ne suis pas devenue une super star dans le Hollywood du Caire ;-), ni meme une super business woman dans Ze Company, j'ai simplement ete prise dans le tourbillon d'amis que Jihane m'a laissee en heritage, apres son depart d'ici. Il y a eu egalement le vrai "start" de l'annee au travail qui a eu lieu a la mi-avril, et puis tout un tas de petits evenements qui, les uns lies aux autres chronologiquement, ont rempli ces 7 derniers mois.

Anyway, no big deal, mais si des evenements "notables" de cette periode remontent a la surface, je les partagerai sans aucun doute avec vous au fur et a mesure.

Toujours est-il qu'a l'heure d'aujourd'hui, je me rends compte que je reviens vers mon blog, presque attiree comme par un aimant, car je ressens un besoin de parler, communiquer, m'exprimer, partager. Ce besoin, tres honnetement, je ne l'avais pas ressenti depuis pas mal de temps. A l'origine de la creation de mon blog, aussi, etait une envie d'exterioriser des choses qu'il fallait que j'exteriorise. Tout ceci, sans en avoir pleinement conscience. Et aujourd'hui, apres une phase de calme, je ressens de nouveau ce besoin. Les raisons objectives pour lesquelles je ressens ce besoin sont, bien entendu, plus ou moins claires dans mon esprit, car cela est lie a ce qui se passe dans ma vie au quotidien. Mais de maniere generale, je me pose la question de savoir ce qui amene chacun de nous a ecrire, au plus profond de soi-meme.

Moi, comme je viens de l'ecrire, il y a des choses que j'ai besoin d'"exterioriser": mes observations/ coups de gueuele sur ma vie a Caire (qui sont autant de frictions en terme d'adaptation, en fait), ma condition de jeune femme celibataire et carrieriste prise entre vie professionnelle et vie privee, l'eloignement par rapport a l'entourage proche, reflexions "philosophico-existentielles', etc... et que, pour certaines raisons, je ne reussis pas exterioriser dans ma vie au quotidien... Cela peut etre parce que je ne trouve pas les bonnes personnes avec qui discuter de certains sujets specifiquement, parce que certains sujets me travaillent tres particulierement et que je prefere en discuter dans une sorte d'anonymat relatif au travers du blog, et ne pas les partager avec mes proches...

Et vous, pourquoi ecrivez-vous? En fait, d'une certaine maniere, je m'apercois que je cherche a determiner quelles sont les motivations qui sont generales et communes a tous les bloggeurs, et celles qui sont specifiques a chacun de nous. Pourquoi est-ce que vous ecrivez, alors?

samedi, mars 25, 2006

Une nouvelle compagnie de taxis au Caire!

Depuis environ 2 semaines, une nouvelle met en emoi les Cairotes, et surtout les etrangers au Caire: une premiere compagnie de taxis au Caire vient de commencer a offrir ses services! Cela peut evidemment vous apparaitre comme banal, et peu digne d'attention, mais s'il vous plait, il fait vous replacer dans le contexte!

Le contexte: les taxis cairotes sont des taxis de couleur noir et blanc, a 90% composes de voitures facilement de plus de 10 ans d'age, et ca peut facilement atteindre les 20 ans. Le probleme, c'est que contrairement au vin, les voitures ne se bonnifient pas avec le temps!... Plus de la moitie du parc des taxis cairotes est composee de voitures en provenance des anciens pays de l'Est (ex: marques Dacia et Lada...). Cela signifie que la voiture est reduite a son minimum vital, c'est-a-dire un outil de transport. Ces taxis sont plutot inconfortables (genre vous ressentez plus que vous etes passes sur un dos d'ane), les compteurs, legalement obligatoires, ne sont pas mis en marche, ils sont la juste pour la deco, et cerise sur le gateau, les tarifs sont sujets a negociation. Bien entendu, les etrangers, dont je fais partie (malheureusement dans ce cas-la) sont toujours surtaxes... Et il n'est pas evident de reussir a payer le "juste prix". Au final, les taxis sont la bete noire de tout etranger au Caire, et je ne parle pas uniquement de moi.

La nouveaute de ces nouveaux taxis jaunes du Caire: d'abord, les voitures sont des voitures modernes dirons-nous, toutes equipees de la climatisation (vitale ici en Egypte), avec des modeles recents. Un numero de telephone sera bientot mis en service (prevu mi-avril) pour appeler un taxi vous recuperer a l'endroit fixe. Les tarifs sont fixes a l'avance: un montant plancher (3 ou 4 livres, i.e environ 5 Dhs, ou 50 centimes d'Euro), et un tarif par kilometre parcouru (je crois 1,5 livre, i.e. environ 2 Dhs, ou 20 centimes d'Euro), avec un compteur, et un recu! Le cout du temps d'attente aussi, s'il y a lieu, est aussi fixe a l'avance. Bref, tout un paradis! Les tarifs de ces taxis sont legerement superieurs a ceux pratiques par les taxis "publics", mais pas de beaucoup. Soit dit en passant, cela va certainement avoir un effet social d'appartenance, genre: on montre qu'on appartient a une categorie sciale plus elevee si on utilise un taxi jaune, que si on utilise les taxis noir et blanc. Ce ce concept a un nom en sociologie, mais je ne sais plus c'est lequel.

Voila, je voulais partager avec vous les joies d'observer les evolutions visibles en termes de developpement, deja que ca n'arrive pas tous les jours... Je suis trop contente!!! ;-)